Psychiatrie et Spiritualité – résumé de la manifestation du 10 octobre 2017

De manière très ouverte et spontanée, le médecin psychiatre, professeur de l’université de Lausanne, Jacques Besson a dialogué avec le diacre catholique, accompagnant spirituel en psychiatrie Jean-Charles Mouttet, sur le thème de la spiritualité en lien avec la maladie psychique et les addictions. Deux regards, deux approches différentes mais convergeantes. Les sciences médicales, les neurosciences et de nombreuses études à partir d’analyses menées auprès de patients démontrent comment la spiritualité impacte la vie dans son ensemble et apporte un projet de vie là où la maladie vient brutalement ou insidieusement jeter le trouble. Intégrer la spiritualité dans le soin en psychiatrie ou dans le traitement des dépendances, c’est permettre à la personne fragilisée de faire appel à un plus de sens à même de produire de la cohérence et de l’espérance. Ainsi, la spiritualité est un atout supplémentaire pour faire face à l’adversité de la maladie ou de l’addiction. Mais, il est impératif de savoir situer clairement les champs de compétences des différents intervenants. Le médecin psychiatre, tout comme l’accompagnant spirituel doivent savoir s’en tenir à leurs savoir-faire propres dans un dialogue interdisciplinaire. Ainsi, la spiritualité peut être considérée comme une ressource à même de contribuer également au rétablissement de la personne. Il est aussi indispensable de savoir distinguer ce que sont spiritualité et religiosité. La religion est une réponse construite par l’humain de façon structurée pour pratiquer un culte à une grande figure mystique (Boudha, Jésus, Mahommet, etc…). La spiritualité est un besoin fondamental commun à toute l’humanité. En venant au monde, l’homme a besoin d’attribuer du sens à sa vie. La spiritualité, comprise comme un souffle où la vie s’origine et se destine peut être vécue sans religion. Ainsi il existe diverses expressions spirituelles dans l’art, la poésie, l’émerveillement…

Devant un peu plus de soixante personnes issues d’horizons divers : des soignants, des personnes elles-mêmes malades et de leurs proches l’échange était nourri de sincérité et d’un profond respect humain dans lequel la science et l’espérance ont tenté de se conjuguer pour ouvrir une lucarne vivifiante dans cette réalité stigmatisante, voire parfois déshumanisante que peuvent être les maladies psychiques et les addictions.